Notre centre offre des Microcrédits aux mamans des enfants de la rue réunifiés afin de favoriser la prise en charge des enfants et l’autonomisation des familles. Il s’agit de Microcrédits de 50$, au départ, à rembourser chaque semaine pendant trois mois, sans intérêt. Un microcrédit bien remboursé conduit à pouvoir obtenir un nouveau MC de 60$ à 100$.

Vous trouverez ici quatre témoignages, un pour chacun des quatre éducateurs spécialisés pour les microcrédits dans notre équipe.

Maman C. est une veuve avec 3 filles. L’aînée et la deuxième sont en 8ème année à l’école et prises en charge par Ndako ya Biso. Son mari a été tué à Mbuji mayi, dans la province du Kasaï, c’est pourquoi elles ont fui la province du Kasaï pour venir habiter à Kinshasa. Mais seule avec ses enfants, elle n’avait pas de moyens pour nourrir sa famille. Les deux premières filles sont alors descendues vendre de l’eau et faire des petits travaux au marché local. Une de nos éducatrices les a rencontrées et écoutées. Après la réinsertion des deux filles, l’éducatrice a expliqué l’appui que nous utilisons pour aider les familles et Maman C. était d’accord et elle était dans le besoin: le micro-crédit ( M-C). Son seul revenu était la tresse des cheveux, c’était insuffisant pour subvenir aux besoins des enfants.
Après une formation, un premier crédit de 50 dollars a été remis à la famille pour commencer une activité: elle a acheté la farine de maïs et de manioc et l’a revendue. Trois mois après, la maman avait réussi, petit à petit, à rembourser tout son crédit et nous nous sommes mis d’accord de lui donner un deuxième crédit. Elle a ajouté des poissons salés et des épices et ça marche tellement bien qu’elle vient de finir son deuxième crédit de 70 dollars et maintenant elle va recevoir un crédit de 100 dollars. La Maman est fière de son activité, elle arrive à rembourser et à épargner. Habitant dans une maison en tôle, elle a changé de maison pour louer une bonne maison en briques. Nous sommes fiers de la progression de cette maman et nous espérons qu’elle va continuer à accomplir ses projets avec notre accompagnement.
avec Élie MUKWETI, éducateur référent de crédit.

Maman J. vit seule avec ses six enfants, quatre garçons et deux filles. Elle a eu 4 enfants avec son premier mari et après le décès de celui-ci, elle a trouvé un deuxième mari avec qui elle a encore eu deux enfants. Mais malheureusement, ce deuxième mari ne fait rien pour la soutenir. Il fréquente plusieurs femmes et boit beaucoup. Aussi pour survivre, la maman prenait à crédit des légumes produits par des amies et parfois volait directement des légumes dans leurs parcelles et les confiait à ses enfants pour les vendre sur le marché local afin de nourrir ses enfants. C’est ainsi qu’une de nos éducatrices a pu rencontrer deux des garçons sur le marché et les a accompagnés jusqu’à la maison pour comprendre la situation familiale. Nous avons alors pris en charge la scolarité des deux jeunes garçons et avons octroyé un micro-crédit de 50$ à la maman.

Au lieu de voler des légumes dans les parcelles de ses amies pour les vendre, la maman a alors commencé à réellement acheter et vendre ses légumes et après le remboursement de son premier crédit, elle a diversifié son commerce en vendant aussi des fruits et des condiments sur sa table du marché. Maintenant la maman est à son 3e M-C de 80$ qu’elle rembourse bien, elle a retrouvé son calme et ses enfants sont bien scolarisés et ne retournent plus au marché pour trouver de l’argent.

Avec Pauline LANDU, éducatrice référente de crédit.

Veuve et mère de quatre enfants dont la dernière-née n’a jamais vu son père. Maman A., originaire du grand Bandundu à l’instar de son regretté époux, vivait au Kasaï avec celui-ci en raison de service. C’est à sa quatrième grossesse que le père de ses enfants est décédé, la laissant presqu’à terme.

Bouleversée, elle a subitement accouché dans la maison quelques jours après les obsèques. Les voisins ont accouru au secours et l’ont conduite, avec l’enfant, à un centre de santé pour des soins.

Les enfants aînés ont été obligés de mendier pour survivre malgré les interventions sporadiques de la famille élargie se trouvant à Kinshasa. Et, l’éducateur référent du secteur, a rencontré un des garçons qui mendiait sur le marché. L’éducateur n’a pas su retenir ses larmes face à la réalité que vivait cette famille.

Les trois aînés ont été placés à l’école et un microcrédit a été octroyé à la maman, assorti d’une étude de son petit projet de vente de légumes. Le temps pour maman A. de s’adapter, le premier crédit a duré un peu plus longtemps que prévu. C’était normal, elle devrait veiller à la fragilité du bébé en même temps. A la question de savoir comment allait-elle s’y prendre face à la charge, elle répond : « Je n’ai pas de famille sur laquelle je peux m’appuyer ici à Kinshasa. Ma crainte c’est la maladie. Du reste, je me bat comme une femme villageoise avec bébé au dos, toutes les tâches s’exécutent »

Une évaluation, prévue à la fin du premier microcrédit, a été faite et elle a décidé de vendre plutôt les feuilles de manioc. Le remboursement a bien évolué, y compris le troisième crédit. C’est le quatrième MC, de 90$, cette fois-ci, reçu ce mois de Novembre, qui est en cours.

Déjà, la famille a pu déménager, d’une petite cabane en tôles à une maison en briques de deux chambres, elle a également pu acheter une table et des chaises en plastique pour que toute la famille puisse s’asseoir ensemble dans la maison. Grâce aux accompagnements et aux échanges d’expérience, elle fait tout pour que les enfants ne manquent pas à manger, craignant leur descente dans la rue. Le bébé, qui a trois ans, pourra fréquenter l’école maternelle l’année prochaine. L’ainé, âgé de quinze ans et en 3°année secondaire suit l’école avec attention et ne se promène plus sur le marché local.

Avec Jean-Pascal LONGELE, éducateur référent de crédit

W. est âgé de 12 ans, troisième d’une famille de 4 enfants. Après la mort de son père, la maman et ses enfants sont chassés par la famille paternelle et sont retournés dans la famille maternelle, sans aucune ressource. Le garçon a alors abandonné le chemin de l’école, il préfère ramasser la ferraille et la revendre en vue d’avoir l’argent pour sa survie et celle de sa famille.

Nous l’avons rencontré sur le marché, écouté et réunifié dans sa famille et placé à l’école ainsi qu’un de ses frères. Nous avons contacté la maman pour l’aider à démarrer une activité génératrice de revenus et elle a accepté de venir se former pour l’octroi d’un M-C. Avant cela, la maman vendait des petites choses, mais sans presque rien gagner, faute de capital.

Grâce à ce crédit, elle a pu développer son activité, elle commence à vendre plusieurs produits tels que les fruits, les beignets…Et son capital a augmenté et elle commence à subvenir aux besoins de ses enfants et à payer les frais scolaires de certains de ses enfants. Elle est aujourd’hui dans son troisième crédit de 100$ et rembourse très bien son crédit. Elle a le projet d’acheter ce mois-ci un congélateur pour commencer la vente des boissons sucrées, compte tenu que son domicile est à côté d’une école. Elle nous remercie pour la formation et le crédit, cela a permis son épanouissement et le développement de son activité. 

Avec Gédéon Kimwanga, éducateur référent de crédit.