DEUX ENFANTS PERDUS ONT RETROUVE LEUR FAMILLE APRES UN COURT SEJOUR A NDAKO YA BISO

L’HISTOIRE D’HENRY K., 10 ANS:

Au milieu des 20 millions d’habitants de Kinshasa erre un petit garçon de dix ans. En allant faire des courses pour une voisine, il se fait molester et détrousser par des grands. Il les poursuit sans les rattraper mais il s’est perdu entretemps. « Je m’appelle Henry.K. », dit-il aux policiers qui l’ont trouvé. Ceux-ci amènent l’enfant au centre Ndako ya Biso. Il est choqué d’être perdu et se trompe en indiquant où il habite. Où faut-il chercher ? On pense bien à le montrer à la télévision (comme on fait pour certains cas un peu désespérés), mais la chaîne contactée n’est pas disponible. Deux mois passent et c’est à l’occasion d’une activité de mémorisation en alphabétisation qu’il se souvient de son adresse complète. 

« Nous sommes alors partis avec l’enfant », nous raconte une éducatrice « et, arrivés dans son quartier, les gens l’ont reconnu et ont commencé à crier dans tout le quartier. Le papa et le grand-père l’ont embrassé, ils ne voulaient plus le lâcher, tous ont pleuré. C’était un moment de grande émotion ».

« La famille nous a alors raconté que, désespérés de retrouver leur enfant, ils étaient allés voir un féticheur traditionnel qui leur avait demandé mille dollars pour pouvoir retrouver leur enfant et leur avait fait signer une convention à ce sujet en s’engageant à retrouver leur enfant en moins de trois semaines. Mais nous étions là juste dans la première semaine de ce délai. Nous sommes allés au bureau du chef de quartier pour dénoncer cette situation et celui-ci a demandé à la famille d’écrire une lettre de dénonciation de ce soit disant « voyant » ».

Entretemps, la voisine qui avait envoyé l’enfant lui acheter des arachides avait fui à l’autre bout de la ville, se sentant menacée par la disparition de l’enfant.

« Après la grande joie des retrouvailles, nous allons continuer à soutenir l’enfant et sa famille qui vivent dans des conditions difficiles et soutenir la scolarité du jeune H. »

Avec la collaboration de Chantal Mirhego, éducatrice à NYB.

L’HISTOIRE DE JORDAN B., 9ANS :

Message de JP Godding :

 » Chers amis,

nous trouvons parfois dans notre travail de très grandes joies, comme celle-ci: un enfant tout à fait perdu accueilli dans notre centre, nous avons cherché sa famille pendant trois mois, avec les quelques explications de l’enfant, sans jamais rien trouver, …et tout à coup un jour, dans la rue, une dame qui reconnaît l’enfant et nous pose des questions sur lui ! C’est là le miracle, la surprise fantastique qui nous permette de retracer toute l’histoire:

Toute notre équipe a été très touchée de cette histoire, un tout grand merci à tout votre appui !

Jean-Pierre Godding

Nous avons trouvé Jordan perdu dans la rue, et l’avons accueilli dans notre centre. Nous avons parlé avec lui pour essayer de pouvoir retrouver sa famille.

Nous avons effectué des enquêtes dans les différents lieux dont l’enfant nous a parlé, mais nulle part nous n’avons pu retrouver la trace de la maman et de sa situation actuelle.


Dans notre centre, l’enfant a participé à notre colonie de vacances et s’y est épanoui. Il a tissé de très bonnes relations avec un de nos éducateurs qui a commencé à l’inviter passer le WE chez lui, et tout le monde s’est alors étonné des progrès rapides : l’enfant a commencé à très bien parler en français alors qu’il n’avait jamais été scolarisé.

Nous étions en train de continuer nos recherches dans la ville avec Jordan, lorsqu’un jour, nous avons croisé dans la rue une maman qui a reconnu l’enfant et l’a salué par son nom. Ce fut pour nous un jour extraordinaire, celui de l’exaucement de toute notre prière pour pouvoir retrouver des traces de la famille de cet enfant ! Nous étions très émus quand nous avons alors interpellé la dame en lui demandant comment elle connaissait cet enfant et si elle pouvait nous aider à retrouver sa maman.
Cette dame ne savait pas où pourrait se trouver aujourd’hui la maman de l’enfant, mais par l’intermédiaire d’un pasteur d’une Eglise de Réveil où elles avaient prié ensemble, elle a pu retrouver la maman et le soir-même, la maman nous a téléphoné pour nous remercier et nous dire qu’elle allait passer embrasser son fils, dans notre centre. Le lendemain matin, elle est arrivée dans notre centre et a longtemps embrassé son fils, tout en pleurant. Mais, elle ne pouvait pas reprendre son fils avec elle, n’ayant toujours pas de lieu d’hébergement, étant logée chez une amie. Nous avons alors décidé de placer provisoirement l’enfant dans un centre d’hébergement où il pourrait être scolarisé, le temps que sa maman trouve un lieu pour elle et son garçon.
Et quand la maman est venue avec nous pour embrasser son fils dans ce centre, elle a été reconnue par une de ses anciennes amies qui y travaille. Elles ont pu s’entendre entre elles et la maman et son fils ont pu être accueillis et hébergés provisoirement chez cette éducatrice.


Nous allons voir comment soutenir maintenant la maman à pouvoir trouver un logement propre pour elle et son fils et commencer une petite activité commerciale pour trouver son autonomie.

Voici l’histoire de la maman. Elle a d’abord donné naissance à son grand-frère, quand elle avait 15 ans. Les parents de l’enfant se sont séparés, quand Jordan avait neuf mois et son grand-frère 3 ans. Le papa est parti de son côté mais la maman a été rejetée par sa propre famille et s’est réfugiée dans une Eglise où elle a vécu près de cinq années, avec ses deux garçons.
Quand elle est devenue sérieusement malade, elle est allée déposer les deux garçons dans la famille de leur père avant d’aller se faire soigner. Quelques mois plus tard, repassée dans la famille paternelle pour embrasser ses enfants, elle a vu qu’ils avaient tous les deux disparu : le grand-frère avait rejoint une tante paternelle à Brazzaville, tandis que Jordan avait disparu, en s‘étant égaré quelque part.


Avec la collaboration de Caleb Diaki, éducateur