De son petit nom Dodo, Dorcas est issue d’une famille polygame, sixième d’une fratrie de sept. Orpheline de ses parents depuis l’âge de 12 ans, Dodo et sa sœur cadette ont été placées chez leur tante maternelle et ici la vie n’était pas facile : elle a du arrêter ses études pour vendre les sachets au marché (sachets d’eau) pour manger et si, ce jour-là, elle n’a pas vendu, elle était sérieusement battue et taxée à tout moment de sorcière et porte-malheur de la famille. Elle est passée dans d’autres centres avant d’arriver à Ndako ya Biso. Elle a développé une sorte de révolte et rancune envers sa famille, surtout à l’égard de sa tante maternelle qui l’avait maltraitée. Elle devait se prostituer avec plusieurs hommes la nuit afin d’avoir un peu d’argent pour subvenir à ses besoins.
Nous l’avons rencontrée en 2015 la nuit lors de nos visites au rond point Ngaba.
Après notre invitation, elle s’est présentée à nous pour commencer l’alphabétisation et la couture au centre Ndako Ya Biso. Voyant sa bonne évolution, elle a été envoyée au centre GALI puis nous l’avons orientée au centre Saint joseph. Elle vient d’obtenir son brevet d’Etat. Bientôt elle recevra le kit de fin de formation qui l’aidera dans sa vie de couturière. Une garantie locative lui a été accordée pour la stabiliser, la jeune Dodo à compris beaucoup de choses, elle a décidé de quitter le monde de la prostitution pour
faire autrement sa vie.
John Mboma